Une lumière du minimalisme s’est éteinte

Dans la nuit du 10 au 11 mai dernier, un des grands noms du minimalisme français a tiré sa révérence laissant derrière lui les fans sur leur faim. François...
Une lumière du minimalisme

Dans la nuit du 10 au 11 mai dernier, un des grands noms du minimalisme français a tiré sa révérence laissant derrière lui les fans sur leur faim. François Morellet, du haut de ses 90 ans, a su profiter d’une vie aux nombreux rebonds, partagé entre la logique et le conceptuel, inconditionnel de l’humour et de l’impartialité, trop respectueux pour garder la langue dans sa poche, et trop insolent pour se contenter d’être un « monsieur-tout-le-monde ».

Un artiste facétieux et inspiré

Des inspirations, François Morellet en compte des tas. De la littérature jusqu’à la peinture, en passant par la sculpture et les actions collectives, ses idées sont celles d’un homme cultivé, avide de connaissances, amateur d’expériences, fin collectionneur d’histoire.

Si la mort était inévitable, il prenait le parti d’en rire avec des frasques acidulées comme : « Je vais beaucoup mieux que tous mes copains morts ! Mais il ne faut pas s’obstiner, j’arrive à la limite… Je vous tiendrai au courant ! ». Passionné par le courage des artistes l’ayant précédé ou qui auront partagé son époque, l’artiste était conscient de l’importance du public dans l’art, et il ne se gardait pas de relever que « Duchamp a clamé que c’était le regardeur qui faisait l’œuvre, encore une chose que ce salaud a dite avant moi ! »

Le « rigoureux rigolard » tire sa révérence

Avec des débuts dans la peinture réaliste, il subit bien vite le regard de l’époque, qui se désintéresse de plus en plus de ces réalisations scolaires ou trop étranges pour créer l’émulation. Décidé à expérimenter, il ira jusqu’à questionner la place du spectateur, le forçant à donner vie à ce qu’il lui propose. Ainsi, en 1961, il fonde conjointement avec des Jean-Pierre Vasarely et des Francisco Sobrino, entre autres, le collectif GRAV (Groupe de Recherche d’Arts Visuels). Il reconnait ainsi que : « C’est la période où j’ai basculé dans le plaisir de faire des choses très agressives. On faisait participer le spectateur en le brutalisant, moi peut-être plus encore que les autres… » Conscient de ce qu’il propose au public, il attache une grande importance à ne transmettre de lui dans ses œuvres que le strict minimum, et ainsi laisser à l’observateur le plaisir d’y trouver ce qui l’intéresse.

Après une rétrospective en 2013 au centre Pompidou, l’artiste avait arpenté les salles, et confié « Je m’adore ! Toutes ces couillonnades chics et pas chères me plaisent beaucoup ».

 

Créadit photo : culturecommunication

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